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SEVELY, Catherine Réflexions sur l'inhumain et le droit : le droit en quête d'humanité Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé, Paris, N.3(jui.-sep. 2005), p.483-507 DIREITO, VÍTIMA, IMPUTABILIDADE, INIMPUTABILIDADE, CRIMES CONTRA A HUMANIDADE, TRATAMENTO DESUMANO OU DEGRADANTE Avant d'être un objet pour le droit, l'inhumain est un thème pour la sensibilité, mais face à des actes qui semblent excéder notre compréhension et notre capacité d'identification, il faut résister à la tentation rassurante d'invoquer la bestialité ou la folie. Parce qu'il ne relève pas d'une nature inhumaine, l'inhumain est imputable. C'est même parce qu'il est imputable, donc humain, qu'il est fondamentalement inhumain, autrement dit qu'il peut exister comme tel et être appréhendé par le droit. Sanctionné à travers l'incrimination des crimes contre l'humanité ou l'interdiction des traitements inhumains et dégradants, l'inhumain peut alors se définir comme l'occultation raisonnée et rationalisée de l'humanité, permise par la relation de pouvoir et de domination qui existe entre l'auteur et sa victime. Mais comme il y a toujours à l'origine de l'inhumain non pas tant la violation délibérée de la loi que son appropriation ou sa confiscation, un doute plane sur l'innocence du droit lui-même. La question de l'inhumain implique encore la reconnaissance et l'affirmation de principes absolus, inconditionnels, qui puissent être invoqués en droit contre le droit. |