Biblioteca DGRSP


PP184
Analítico de Periódico



ESCARD, Emmanuel

Etre victime d'inceste : de l'exil à la reconnaissance identitaire / Emmanuel Escard, Annerachél van der Horst, Cécile Miele
Revue Internationale de Criminologie et de Police Technique et Scientifique, Genève, V.63,n.4(Oct.-Dec. 2010), p.491-500


PSICOLOGIA, PSIQUIATRIA, INCESTO, ABUSO SEXUAL, AGRESSÃO SEXUAL, VÍTIMA, VITIMOLOGIA, IDENTIDADE, FRANÇA

L'interdit de l'inceste fait classiquement partie des deux tabous universels, avec celui du meurtre. Or, les relations incestueuses sont fréquentes et prédominent sur les autres formes d'abus sexuels chez les mineurs et la grande majorité des cas restent clandestins. Il y a donc une réelle dissociation entre une règle énoncée pour tous et le sentiment éprouvé par chacun. Les répercussions sur le fonctionnement personnel, familial et social de la victime sont sans égal. L'analyse des résultats comparant les victimes d'inceste aux autres victimes d'agressions sexuelles non incestueuses nous conforte dans l'idée d'un accueil et d'une prise en charge spécifique de ces victimes à tous les niveaux. A partir de notions utilisées en anthropologie bioculturelle et psychiatrie transculturelle, nous proposons de comparer le vécu de la victime d'inceste à celui des exilés et des victimes de l'Holocauste et proposons la reconnaissance d'une identité particulière à ces victimes. En effet, dans cette situation d'écart et de confrontation avec le reste de l'humanité, la perte d'une langue commune participe grandement au maintien d'une exclusion identitaire. L'inceste est un danger grave pour le processus identitaire et un trouble profond des fondements de la société, avec des incidences sur plusiers générations et la mise en jeu de la dimension de l'habitabilité existentielle.